Pierre VAZEILLES, le retour! 2015…2017

Bonjour Pierre, 

Au-delà de l’action de formation pour laquelle  vous vous êtes déplacé en Guyane, pouvez-vous nous donner vos ressentis sur la Guyane et sa population ??

Pour ma part, et après avoir fait pas mal de DOM TOM, j’ai ressenti à chaque déplacement en Guyane une réelle sensation d’ouverture. L’arrivée en avion au-dessus de le fôret amazonienne dresse le décor : une sensation de plonger dans l’inconnu immense à perte de vue. Et cette inconnue amazonienne (décrit comme un « enfer » vert) m’a instantanément fasciné et non inquiété ! Mes 2 voyages m’ont fait ressentir la même sensation : j’y suis bien !

Pour la population, j’ai le sentiment que ce territoire est favorable au passage, est favorable au sourire. Du coup, il y a de la mixité partout, des inconnus accueillants partout, de la simplicité humaine partout… Bref, le kiff ! On se connaît pas, une heure après on mange ensemble, on boit ensemble, on déballe nos vies, nos envies, on rit, on danse, on pleure… On vit !

Qu’avez-vous visitez ?

Ma guide basque guyanaise m’a fait découvrit lors de mes 2 venues des endroits magnifiques : Tout d’abord « notre » plage, oui c’est la notre, tout seul le matin pour le café, tout seul le soir pour l’apéro post boulot, tout seul la nuit pour voir les étoiles, bref notre plage ! C’est le point central de mes périples guyanais. Après, on a fait un Rorota de nuit avec des chasseurs ( !?!), le tour de l’ilet la mère avec des singes sur la tête, une randonnée amazonienne au bagne des annamites avec des morphos, un pique-nique avec des frelons à Kaw rejoint en canoë, une sieste dans un hamac dans la canopée à 30 mètres du plancher des vaches agoutis, le marché de Cayenne avec Anne, Valérie, Cécile et sa copine, une nuit en carbet au bord de La Comté entouré de belles matoutou … Bref, toujours territoires, faunes et flores !

Qu’est-ce qui vous a marqué ?

La première chose est dès que je pose mon pied en dehors de l’aéroport : un accueil incroyable, Anne m’a réservé des rayons anti-crépusculaire , le ciel est magnifique, les planètes sont alignés pour un séjour fort ! Puis, redécouvrir ma capacité à me fasciner de tout et de rien (plein de photos, partout, tout le temps…), et toujours autour de cette incroyable nature… On se sent tellement rien et pourtant on a un impact tellement fort sur cette nature que nous devons collectivement prendre conscience de « notre » maison, et y être vigilant dans nos agissements. Et enfin les rencontres… Polala, quelle richesse !

Racontez-nous une anecdote de votre séjour ?

Il y en a tellement que la sélection est rude, je ne peux choisir entre les 2 qui restent :

  1. Les fêtes de Bayonne à Cayenne ! Improbable, mais ces quelques mots définissent simplement notre guide basque guyanaise : Anne, et là on était chez elle, dans ses cultures. On a chanté des chants basques pendant 10 jours !
  2. Une métaphore de la vie : Jeudi soir, soirée Caipi (vendredi matinée mal au casque-doliprane), on fatigue, on hésite beaucoup (on est à 2 doigts de pas le faire !) mais on se décide quand même d’aller mettre notre attirail de pêche pour la nuit… Le lendemain matin, on va voir le résultat de notre pêche nocturne, et là rien, que dalle, bredouille comme on dit ! Mais là bingo, qu’est-ce qu’il y a sur la plage : 2 petites tortues qui rejoignent difficilement l’océan, un émerveillement de métropolitain, plus besoin de Doliprane ! Si on avait pas décidé d’aller à la pêche on aurait jamais vu cette scène. Alors voilà la  métaphore : faisons des trucs, plein de trucs, on aura peut-être pas toujours ce qu’on veut, mais il va se passer plein de choses et souvent inattendues.

Si vous deviez décrire la Guyane en 5 mots ?

ACCUEILLANTE-INTENSE-IMMENSE-NATURE-ENERGIE

Si vous deviez faire venir des amis en Guyane, que diriez-vous à vos amis ?
Je leur dirai de me faire confiance et d’y aller… La Guyane, ça ne s’explique pas, ça ne se présente pas (trop ciblé), ça se découvre et ça se vit ! Accessoirement, je leur dirai que s’ils ont besoin de moi, je peux les accompagner !

Concernant votre mission de formation de formateurs, Qu’avez-vous retenu et que souhaitez-vous en dire ? Je retiens des dynamiques, des compétences mais aussi et surtout la volonté de faire avancer notre vision de l’activité physique et de faire évoluer des territoires : « On dit, on fait ». Cette formation de formateur était intense par le choix pédagogique pour construire ensemble, et donc parfois inconfortable, riche, questionnante… Mais en fait, tout ça n’est qu’un prétexte à ce qu’on se rencontre, qu’on partage et qu’on échange, et c’est le groupe qui « forme » chacun d’entre nous. Notre responsabilité avec Mika était d’organiser toute cette richesse pour pouvoir permettre à chacun de pouvoir se projeter.  Mais au final, qui forme qui ?  On en sait rien (et en fait on s’en fout !), mais on sait qu’on s’est tous un peu formé et qu’on s’est tous mis un peu en mouvement. Ce mouvement me tient à cœur.

La Fédé Sports pour tous pour moi c’est ça… Ajoutez du mouvement à notre corps, à notre conscience et autour de nous !